Burn-out parental : quand être maman devient trop lourd à porter

On parle de plus en plus du burn-out professionnel. On connaît le mot, on en parle autour de nous, on comprend qu'une personne puisse être épuisée par son travail au point de ne plus réussir à avancer. Mais le burn-out parental reste encore beaucoup plus difficile à reconnaître.
Image d'une maman à côté de ses enfant pour parler du burn out parental. Emilie Bochereau Sophrologue et Magnétiseuse

Parce qu'on peut difficilement « arrêter » d'être maman.

On peut s'arrêter quelques jours, prendre des vacances, poser un arrêt de travail… mais les enfants sont toujours là. Il faut continuer à préparer les repas, gérer les devoirs, les rendez-vous, les lessives, les nuits, les émotions, les disputes, les activités, les imprévus.

Et même lorsqu'on est épuisée, il faut continuer.

Quand la fatigue devient autre chose

Être parent est fatigant. Tout le monde le sait.

Les nuits interrompues, les journées qui commencent tôt et finissent tard, les enfants qui ont besoin de nous presque constamment… On se dit que c'est normal. Que c'est une période. Que ça ira mieux quand ils dormiront mieux, quand ils seront plus grands, quand l'école reprendra, quand les vacances seront passées…

Alors on tient.
On tient encore un peu.
Et puis parfois, sans vraiment s'en rendre compte, quelque chose change.

La fatigue devient permanente. On n'arrive plus vraiment à récupérer, même après une nuit correcte ou quelques heures de repos. Les petites choses deviennent difficiles à supporter. On s'énerve plus facilement. On se sent dépassée, parfois triste, parfois complètement vide.

Et surtout, on peut avoir cette impression de ne plus être la maman que l'on voudrait être.

C'est souvent là que la culpabilité arrive.

« Je devrais pourtant y arriver »

C'est peut-être l'une des phrases les plus difficiles dans le burn-out parental.
Je devrais y arriver.
D'autres y arrivent.
Je devrais être capable de gérer mes enfants, mon travail, la maison, les repas, les rendez-vous, les devoirs, les activités…
Je devrais penser à tout.
Je devrais être disponible.
Je devrais profiter de mes enfants.
Je devrais être heureuse.

Et pourtant, à l'intérieur, on n'en peut plus.

Le problème, c'est que le burn-out parental ne vient pas forcément d'un manque d'amour. Bien au contraire.

  • On peut aimer profondément ses enfants et être épuisée par ce que représente le fait d'être parent.
  • On peut les aimer et avoir besoin d'être seule.
  • On peut les aimer et ne plus supporter un bruit de plus.
  • On peut les aimer et avoir envie de pleurer après une journée pourtant « normale ».
  • On peut les aimer et avoir besoin que quelqu'un prenne le relais.
Cela ne fait pas de nous une mauvaise mère. Cela fait de nous une mère épuisée.
 

Vouloir tout gérer, tout anticiper, tout faire bien

Je connais cette sensation, j'ai moi aussi traversé un burn-out. Un burn-out professionnel, mais aussi un épuisement parental.

  • Le manque de sommeil, la charge mentale, l'impression de devoir penser à tout, de tout organiser, de ne rien oublier.
  • Vouloir être présente pour mes enfants.
  • Vouloir bien faire.
  • Vouloir gérer mon travail, ma maison, ma famille.
  • Penser aux rendez-vous, aux repas, aux vêtements, aux activités, à ce qu'il faut acheter, à ce qu'il ne faut surtout pas oublier…

Et pendant tout ce temps, continuer à avancer. Parce qu'il faut avancer.

C'est parfois difficile de voir que l'on est en train de s'épuiser lorsqu'on est justement occupée à faire tout ce qu'il faut pour que tout fonctionne.

Et si on n'en parlait pas ?

Le burn-out parental peut être difficile à dire. Comment expliquer que l'on est épuisée par ses propres enfants sans avoir peur d'être jugée ? Comment dire « je n'en peux plus » quand on aime profondément sa famille ?

  • On peut avoir honte.
  • Peur de passer pour une mauvaise mère.
  • Peur que les autres pensent qu'on ne mesure pas la chance que l'on a.

Alors on minimise : 

  • « Je suis juste fatiguée. »
  • « C'est une mauvaise période. »
  • « Ça ira mieux demain. »

Et parfois, l'entourage ne comprend pas non plus, parce que de l'extérieur, on continue de faire.

  • On emmène les enfants à l'école.
  • On travaille.
  • On répond aux messages.
  • On prépare le repas.
  • On sourit.

Alors comment imaginer ce qui se passe réellement à l'intérieur ?

« Tu devrais prendre du temps pour toi »

C'est un conseil que l'on entend souvent et que je donne également.
Et pourtant, lorsqu'on est en plein épuisement, ce n'est pas toujours aussi simple.
Prendre du temps pour soi peut déjà demander une organisation supplémentaire.

  • Il faut trouver quelqu'un pour garder les enfants.
  • Organiser les horaires.
  • Ne pas culpabiliser de partir.
  • Accepter de laisser certaines choses de côté.
Et surtout, même lorsque l'on prend enfin du temps pour soi, on ne récupère pas forcément immédiatement.
C'est quelque chose que j'aurais aimé comprendre plus tôt.
 

On ne sort pas d'un burn-out simplement parce qu'on a décidé d'en sortir.

La volonté ne suffit pas toujours, on peut avoir envie d'aller mieux, faire tout ce qu'on peut.

  • Changer son organisation.
  • Dormir davantage lorsque c'est possible.
  • Se faire accompagner.
  • Apprendre à dire non.
  • Essayer de lâcher prise.

Et malgré tout… continuer à se sentir fatiguée.

Le corps et la tête ont besoin de temps

Lorsque l'on a passé des mois, parfois des années, à fonctionner en permanence sur ses réserves, il faut du temps pour récupérer. Et ce temps peut être difficile à accepter, on voudrait retrouver rapidement son énergie,redevenir soi-même, pouvoir tout faire comme avant. Mais la récupération n'est pas toujours linéaire.

Il peut y avoir des jours où l'on se sent mieux, puis une journée plus difficile. Des moments où l'on pense avoir retrouvé son énergie, avant de se rendre compte que l'on a encore besoin de ralentir.

Et là encore, la culpabilité peut revenir.

« Pourtant je vais mieux… alors pourquoi je suis encore fatiguée ? »

Parce que mieux ne veut pas forcément dire complètement remise et parce que récupérer d'un épuisement profond demande du temps.

Lâcher prise… mais sur quoi ?

On parle beaucoup de lâcher prise mais lorsqu'on est maman, lâcher prise peut sembler presque impossible parce qu'il y a toujours quelque chose à faire. Et pourtant, parfois, lâcher prise ce n'est pas abandonner.

  • Ce n'est pas devenir une maman moins attentive.
  • Ce n'est pas ne plus s'occuper de ses enfants.
  • C'est peut-être accepter que tout ne soit pas parfait.
  • Que la maison puisse attendre.
  • Que le repas puisse être plus simple.
  • Que l'on puisse dire non.
  • Que les enfants puissent parfois s'ennuyer.
  • Que quelqu'un d'autre puisse faire différemment de nous.
  • Que nous n'ayons pas besoin de tout contrôler.
  • Et surtout, que nous n'ayons pas besoin d'être une maman parfaite.

On peut être une bonne maman sans être une maman épuisée

Je crois que c'est quelque chose que j'aurais aimé entendre lorsque je traversais cette période et que je dois encore me rappeler aujourd'hui.

  • Prendre soin de soi n'est pas prendre la place de ses enfants.
  • Se reposer n'est pas être égoïste.
  • Demander de l'aide n'est pas échouer.
  • Dire que l'on est fatiguée n'est pas être une mauvaise mère.
  • Et reconnaître que l'on ne va pas bien peut au contraire être le début d'un changement.

Aujourd'hui, dans mes accompagnements, je rencontre des personnes qui ont elles aussi besoin de retrouver un peu de calme, de respiration, de confiance.

La sophrologie ou le magnétisme ne remplacent évidemment pas un accompagnement médical ou psychologique lorsqu'il est nécessaire. Mais elle peut être un outil pour apprendre à écouter davantage ce qui se passe en soi, relâcher certaines tensions, retrouver sa respiration et remettre progressivement un peu de place pour soi dans un quotidien qui prend parfois toute la place.

Parce qu'avant d'être une maman, nous sommes aussi une personne, avec nos limites, notre fatigue, nos émotions, nos besoins.

Et parfois, prendre soin de soi, ce n'est pas faire quelque chose de plus, c'est enfin accepter de ne pas tout porter seule.

Si vous vous reconnaissez dans ces mots, vous n'avez pas besoin d'attendre d'être complètement épuisée pour demander de l'aide.