Ce que nous portons sans le savoir : blessures de l’enfance, croyances, peurs et héritage familial

Il y a des réactions que l’on ne comprend pas toujours. Une peur qui semble disproportionnée. Une difficulté à dire non. Le besoin de tout contrôler ou de s'excuser tout le temps. La sensation de devoir toujours être fort. La culpabilité lorsque l’on prend du temps pour soi. Cette impression de devoir faire toujours plus, de ne jamais être suffisamment bien.
silhouette d'une femme avec des branches d'arbres, symbolisant les influences de la famille, des expériences, de l'entourage. Pour illustrer l'article sur les blessure, les croyances. Par Emilie Bochereau Magnétiseuse et Sophrologue à Mûrs-Érigné

Parfois, on se demande simplement : « Pourquoi suis-je comme ça ? »

Et si certaines de nos habitudes, certaines de nos croyances ou certaines de nos peurs avaient une origine ? Une succession d’expériences, de paroles, de modèles et de situations qui, au fil du temps, ont participé à construire la personne que nous sommes aujourd’hui.

Notre enfance y joue évidemment un rôle. Mais notre histoire familiale peut également avoir une influence sur notre manière de voir le monde.

C'est un sujet qui m'intéresse particulièrement dans mon accompagnement, parce que je rencontre des personnes qui arrivent avec des difficultés bien présentes aujourd'hui, sans toujours comprendre pourquoi elles réagissent de cette manière.

Et parfois, avant même de chercher à changer quoi que ce soit, il peut être intéressant de simplement essayer de comprendre.

Ce que l'on apprend quand on est enfant

Quand on est enfant, on apprend énormément en observant les adultes qui nous entourent. On apprend ce qu'est l'amour, la sécurité, la peur, la réussite, l'échec, la colère, la tristesse. On apprend aussi, parfois sans que personne ne nous l'explique, quelle place nous avons le droit de prendre.

  • Est-ce que j'ai le droit de dire que je ne vais pas bien ?
  • Est-ce que j'ai le droit de dire non ?
  • Est-ce que j'ai le droit de me tromper ?
  • Est-ce que je peux demander de l'aide ?
  • Est-ce que mes émotions sont accueillies ou est-ce qu'il vaut mieux les garder pour moi ?

Une phrase répétée pendant l'enfance peut parfois laisser une trace.

  • « Tu es trop sensible. »
  • « Il faut être fort. »
  • « Tu dois faire mieux. »
  • « Ne fais pas d'histoires. »
  • « Pense d'abord aux autres. »
  • « Dans la vie, il faut se battre. »

Ces phrases ne sont pas forcément prononcées pour faire du mal. Les adultes transmettent souvent ce qu'ils ont eux-mêmes appris.
Mais l'enfant, lui, n'a pas encore le recul nécessaire pour remettre ces messages en perspective. Alors il peut les intégrer comme des vérités. Et quelques années plus tard, ces mêmes messages peuvent encore influencer notre façon de vivre.

Quand une croyance devient une façon de vivre

Une croyance n'est pas forcément quelque chose dont nous avons conscience. Elle peut être devenue tellement familière qu'elle nous semble simplement normale.

Par exemple :

  • « Je dois être utile pour avoir de la valeur. »
    ==>Alors on accepte tout. On aide tout le monde. On dit oui même quand on voudrait dire non.
  • « Je dois être parfait pour être reconnu. »
    ==>Alors on se met une pression énorme. On recommence, on vérifie, on doute, on n'est jamais vraiment satisfait.
  • « Je dois rester fort. »
    ==>Alors on cache sa fatigue. On minimise ses émotions. On ne demande pas d'aide.
  • « Si je ne contrôle pas, quelque chose va mal se passer. » 
    ==>Alors on anticipe tout. On prévoit tout. On imagine tous les scénarios possibles.

Avec le temps, ces croyances peuvent devenir des habitudes et ces habitudes peuvent même finir par sembler faire partie de notre personnalité.

  • « Je suis quelqu'un de stressé. »
  • « Je suis comme ça, je ne sais pas lâcher prise. »
  • « J'ai toujours été perfectionniste. »

Mais parfois, derrière un « je suis comme ça », il y a simplement une façon de fonctionner que nous avons apprise.
Et ce que nous avons appris peut parfois évoluer.

Nos mécanismes ont souvent eu une raison d'être

C'est quelque chose que je trouve important de rappeler : il ne s'agit pas de considérer toutes nos habitudes comme de mauvaises choses.
Certaines ont probablement été utiles à un moment de notre vie.

  • Être très attentif à ce qui se passe autour de soi peut être une manière de rechercher de la sécurité.
  • Vouloir tout anticiper peut donner l'impression de garder le contrôle.
  • Être très autonome peut permettre de ne pas dépendre des autres.
  • Faire plaisir à tout le monde peut permettre d'éviter les conflits.
  • Ne pas montrer ses émotions peut donner l'impression d'être plus fort.

Le problème n'est pas forcément le mécanisme lui-même. C'est parfois le fait de continuer à fonctionner de cette manière alors que notre vie a changé. Nous ne sommes plus l'enfant que nous étions, nous avons grandi, nous avons de nouvelles ressources, de nouvelles expériences, de nouvelles envies.

Et pourtant, certaines réactions peuvent rester très ancrées. C'est là qu'il peut être intéressant de commencer à les observer.

Et le corps dans tout ça ?

C'est aussi ce qui m'a beaucoup interpellée dans mon parcours d'infirmière, mon parcours personnelle et ce pourquoi je suis devenue sophrologue.
Le corps parle, notre corps peut nous donner des indications sur ce que nous vivons.

  • Le ventre qui se serre avant une situation stressante.
  • Les épaules qui se contractent lorsque la pression monte.
  • La respiration qui devient plus courte.
  • La mâchoire qui se crispe.
  • La fatigue qui s'accumule.

Parfois, nous continuons à avancer sans même remarquer tous ces signaux, jusqu'au moment où le corps nous oblige à ralentir.

C'est ce que je travaille en séance avec mes clients, apprendre à repérer ce que le corps exprime.

  • Qu'est-ce que je ressens ?
  • Où est-ce que je le ressens ?
  • Qu'est-ce qui se passe dans mon corps lorsque cette situation arrive ?

Nos peurs ne viennent pas toujours d'où l'on pense


Certaines peurs ont une origine très claire : une mauvaise expérience, un accident, une séparation, un événement difficile... Pour d'autres, c'est beaucoup moins évident.

On peut avoir peur de l'abandon, de l'échec, du jugement, de décevoir, de perdre le contrôle ou de ne pas être à la hauteur sans réussir à expliquer précisément pourquoi. Cela ne veut pas dire qu'il existe forcément une blessure cachée qu'il faudrait absolument retrouver.
Une peur peut être liée à plusieurs expériences, à notre tempérament, à notre environnement, à ce que nous avons observé ou vécu.

Comprendre son histoire peut être libérateur, mais attention chercher absolument la cause de chaque difficulté peut aussi nous enfermer dans notre passé et nous empêcher d'avancer, d'aller mieux.

Et si une partie de notre histoire venait aussi de notre famille ?

C'est là que la notion de transgénérationnel peut amener une réflexion intéressante. Nous naissons dans une famille qui a une histoire avant nous. Des événements heureux, des drames, des périodes de manque, des réussites, des deuils, des séparations, des changements de vie, des valeurs très fortes... Tout cela peut être transmis de différentes manières.

  • Par les histoires que l'on raconte.
  • Par celles que l'on ne raconte pas.
  • Par les habitudes.
  • Par les réactions des adultes.
  • Par les phrases que l'on entend depuis l'enfance.
  • Par les valeurs que l'on nous transmet.

Par exemple, une famille qui a connu une période de grande précarité peut, par exemple, développer une relation très particulière à l'argent et à la sécurité. Une famille dans laquelle « il faut être fort » peut transmettre une certaine difficulté à exprimer ses émotions ou à se poser. Une famille marquée par des événements douloureux peut devenir particulièrement protectrice ou anxieuse.

Attention, le transgénérationnel ne doit pas devenir une explication à tout. Aujourd'hui, le transgénérationnel est parfois présenté comme une réponse à presque toutes nos difficultés : une peur, une douleur, une maladie, un comportement auraient forcément leur origine chez un ancêtre.

Je pense qu'il faut rester prudent, notre histoire familiale peut influencer notre construction, mais cela ne signifie pas que tout vient de là.

Et surtout, nous ne pouvons pas déterminer avec certitude qu'une difficulté actuelle est causée par un événement vécu plusieurs générations auparavant simplement parce qu'une correspondance semble exister.

S'intéresser à son histoire familiale peut être intéressant en faire une explication systématique de tout ce que nous vivons l'est beaucoup moins.

Pour moi, l'essentiel n'est donc pas de trouver absolument qui ou quoi serait responsable, c'est plutôt de comprendre ce que nous avons reçu, ce que nous avons appris, et de nous demander ce que nous voulons garder aujourd'hui.

La sophrologie : apprendre à revenir à soi

C'est là que la sophrologie peut trouver sa place.
Elle ne permet pas de réécrire l'enfance, de modifier le passé ou d'effacer une blessure.
Elle peut en revanche proposer des outils pour mieux vivre certaines situations dans le présent.

La respiration, les mouvements, la détente corporelle, les visualisations et le travail autour des sensations permettent de porter progressivement davantage d'attention à ce qui se passe en soi.
Cela peut aider à mieux identifier ses tensions, à prendre du recul, à retrouver des ressources et à développer une relation différente avec certaines situations.

Dans un accompagnement, nous pouvons par exemple travailler autour de la confiance, des émotions, du stress, du sommeil ou de la capacité à s'écouter. L'objectif n'est pas de devenir quelqu'un d'autre, c'est plutôt de pouvoir être soi avec davantage de liberté.

Le magnétisme dans tout ça ?

Le magnétisme s'inscrit pour moi dans une approche différente mais complémentaire.
Cela permet d'aller libérer certaines tensions, certains blocages de notre vie actuelle mais aussi de notre passé.
C'est aussi un moment d'écoute active et de partage qui aident à la libération, à mettre des mots sur des maux.

Attention, je tiens à rappeler qu'une séance de magnétisme ne remplace pas un traitement médical ou un accompagnement psychologique.
Mais il peut trouver simplement sa place dans une démarche globale de bien-être, en complément d'autres approches.

Finalement, que choisissons-nous de continuer à porter ?

Je crois que c'est peut-être la question qui m'intéresse le plus dans tout cela.
  • Nous ne choisissons pas notre enfance.
  • Nous ne choisissons pas notre famille.
  • Nous ne choisissons pas tout ce qui nous arrive.
  • Mais en grandissant, nous pouvons parfois apprendre à regarder autrement ce que nous avons reçu.
  • Peut-être que cette croyance qui m'accompagne depuis toujours n'est plus vraiment la mienne.
  • Peut-être que cette habitude qui m'a longtemps protégé me fatigue aujourd'hui.
  • Peut-être que cette peur mérite d'être écoutée plutôt que combattue.
  • Peut-être que j'ai le droit de prendre soin de moi sans avoir à me justifier.
Et peut-être surtout que je peux arrêter de me demander : « Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? »
Pour commencer à me demander : « Qu'est-ce qui me correspond aujourd'hui, qu'est ce que je dois lâcher pour être moi même ? »
C'est une différence importante parce qu'elle permet de regarder son histoire avec davantage de douceur.
Il ne s'agit pas de chercher des coupables, ni de tout expliquer par l'enfance ou le transgénérationnel.
Il s'agit simplement de mieux se connaître.
Et parfois, ce chemin commence par quelque chose de très simple : s'arrêter, respirer, écouter ce que l'on ressent et s'autoriser à envisager une autre façon de vivre.
 
 
C'est dans cette démarche que je propose mes accompagnements en sophrologie et en magnétisme, à Mûrs-Erigné.
Deux approches différentes, que je considère comme complémentaires, pour prendre un temps pour soi, retrouver de l'écoute intérieure et avancer à son propre rythme.